
Après un séchage complet, on place la pièce dans un four pour une première cuisson à 980° Celsius environ que l'on nomme "dégourdi" (ou "biscuit" même si le terme n'est pas approprié).
Cette étape permet de solidifier la pièce et de la rendre poreuse. Il sera alors plus aisé de la stocker et de l'émailler.
Pour cette recette particulière, le temps de cuisson est important.
La contenance du four est de 25 litres.
De ce fait, le temps de cuisson oscille entre 7h et 7h30 en respectant les phases de montée en température qui sont primordiales pour éviter la casse.
La cuisson achevée, il faudra encore respecter les paliers lors de la descente de température.
Cette phase est cruciale car il faut préserver la pièce de tout choc thermique.
Pour sa part, la Céramiste-potière ouvre vers 200° Celsius.
Véronique Duchemin fabrique elle-même ses émaux.
- un bain à base de cobalt-chrome-fer,
- un bain à base de fer,
- un bain à base de cuivre.
Puis, plusieurs bains de cendres :
- lavande,
- chêne,
- lavande + chêne.
L'émaillage se fait par un trempage de la pièce dans diffférents bains : 1 couche, 2 ou 3 couches superposées.
Selon l'effet souhaité, on peut jouer sur l'épaisseur de l'émail ou encore changer uniquement le feldspath.
L'émail reste une alchimie très complexe.
De nombreux paramètres interfèrent sur le résultat :
- composition de la terre,
- composition des différentes matières premières :
ex : degré de pureté estimé de la silice à 99% ; le 1% d'impuretés peut interférer sur la couleur de l'émail au cours de la cuisson.
- enfournement : une petite pièce exige beaucoup de plaques, contrairement à une grande.
- conditions climatiques : été-hiver,
- pression atmosphérique...
Une fois achevée l'étape de l'émaillage il faut désémailler toutes les bases ainsi que les parties que l'on souhaite exemptes d'émail.
Cuisson à 1300° Celsius.
L'émail ressort du four avec un aspect vitrifié en raison de la silice contenue dans le bain.
Si aucun problème ne survient - plaque cassée, pièce éclatée - brûleur éteint... -, les pièces sont retirées du four et seront exposées dans la boutique.
A partir de cet instant, c'est une autre alchimie qui doit jouer.
Une rencontre entre le client et la pièce façonnée.

Le déclic se fait ou ne se fait pas.
Le charme opère ou pas. La magie des formes et des couleurs envoûte ou se révèle inopérante.
Adéquation incertaine entre ce qui est beau et ce qui est perçu comme tel.